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Souvenirs de résidence en centre de loisirs à Œting (57)

Du 21 au 24 juillet 2025, j’ai été accueilli en résidence par le centre de loisirs d’Œting. Avec 6 enfants, nous avons fabriqué un leporello (livre-accordéon).

Une résidence d’auteurice en centre de loisirs, qu’est-ce que c’est ?​

Il s’agit d’un dispositif initié en 2021 par le CNL et la Charte, permettant à des colonies de vacances et centres de loisirs d’accueillir des auteurices et/ou illustrateurices jeunesse durant les vacances afin d’organiser ensemble des animations autour du livre. Les objectifs sont de faciliter l’accès aux livres et à la lecture, donner l’opportunité aux enfants de rencontrer des auteurices contemporain·e·s, de découvrir leurs oeuvres et leur processus de création.

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Objectifs de départ

Découvrir le travail et la démarche d’un auteur-illustrateur

Avoir un objet-livre à soi en fin de résidence

S’initier à la reliure simple (leporello) en créant son carnet de voyage dans lequel s’évader pendant la semaine

Expérimenter dans ce carnet avec diverses techniques, mélangeant dessin d’observation et dessin d’imagination, en y collant des plantes trouvées dehors…

Tour du monde, voyage, aventure, faune, flore…

Étape 1 : faire son papier marbré

On a commencé avec un atelier qui a toujours beaucoup de succès (du moins ça a été le cas à chaque fois que je l’ai proposé) : réaliser du papier marbré avec la technique de la mousse à raser.

Traditionnellement, le papier marbré est réalisé en faisant flotter des pigments sur de l’eau ; cela demande une chimie particulière et ce n’est pas forcément le plus pratique, surtout avec des enfants surexcité·e·s.

Une alternative consiste à utiliser de la mousse à raser (attention, il faut supporter l’odeur) (et de s’en mettre plein les doigts) : 

  • Spritzer de la mousse à raser sur une plaque lavable (ce peut être un couvercle de caisse, une planche à découper, un tapis de découpe…)
  • Étaler la mousse avec une raclette pour obtenir une surface uniforme
  • Y déposer des gouttes d’encre avec des pipettes
  • Utiliser un pic à brochette, cure-dent, peigne, etc. pour tracer des motifs
  • Poser une extrémité de la feuille de papier sur la mousse
  • Passer doucement sa main sur la feuille en appuyant légèrement et en partant de l’extrémité déjà posée (pour repousser au mieux les bulles d’air) ; en général, on peut voir par transparence les endroits du papier où l’encre a bien pris et identifier les zones vides
  • Saisir un coin et soulever délicatement la feuille, la poser sur une surface lavable (mousse vers le haut)
  • Passer un coup de raclette pour retirer la mousse qui reste
  • Laisser sécher
Enfant déposant des gouttes d'encre sur sa mousse à raser

Pour une version compatible avec les jeunes enfants, il est possible d’utiliser de la chantilly et des colorants alimentaires.

Pour une version compatible avec les jeunes enfants, il est possible d’utiliser de la chantilly et des colorants alimentaires.

Je dirais même que la technique de la mousse à raser a un avantage par rapport à la « vraie » technique : le moment du passage de la raclette – geste de l’enfant – qui révèle les motifs. Ça a quelque chose de magique.

Mains d'enfant passant un coup de raclette pour enlever la mousse à raser de son papier Passage de raclette
Papier marbré après débarrassé de sa mousse à raser Tadaaa !
Table chaotique après l'atelier

Par contre, soyez averti·e·s, cela finit souvent sur une scène de chaos et le temps de nettoyage / rangement est assez conséquent.

Étape 2 : Peindre un côté du futur accordéon

Main d'enfant appliquant de l'encre sur sa feuille
Mains d'enfant saisissant un vaporisateur d'eau pour en spritzer sur sa feuille

Pour m’assurer que les enfants repartiraient au moins avec une partie de leur carnet « remplie », j’ai proposé (sans obligation) de créer des textures à l’encre sur tout un côté de l’accordéon.

Pour un tel fond continu, il est beaucoup plus pratique de s’en occuper avant le pliage et l’assemblage du carnet: on travaille bien à plat, on ne tache pas sa couverture, l’encre ne s’infiltre pas différemment dans les rainures (puisqu’elles n’existent pas encore) et surtout, ça peut a bien le temps de sécher.

J’avais découpé les bandes de papier en amont; on équipe tout ce beau monde d’encres, vaporisateurs, pipettes, pinceaux, papier absorbant… Et c’est parti ! L’encre est un médium que j’affectionne particulièrement, notamment lorsqu’elle se diffuse Je travaille beaucoup à l’encre et à l’aquarelle, et j’adore partager ça avec les enfants Il y a toujours de côté merveilleux de l’encre qui se diffuse et que j’adore et que j’adore partager avec les enfants. Fascination.

 

Il conviendrait ici de limiter la quantité d’encre utilisable par personne afin de préserver au mieux le papier et d’éviter le gâchis (par exemple, le rajout constant d’encre pour tout de suite la retirer avec son papier absorbant).

Longue bande de papier (futur accordéon) avec des textures à l'encre bleues, vertes, roses

Étape 3 : Contrecoller son papier marbré sur les cartons de couverture

Réussir à poser son papier sans laisser de bulles d’air. À nouveau, les enfants les plus âgé·e·s étaient bien plus exigeantes quant au résultat.

Mains d'enfant appliquant de la colle sur un rembord de sa couverture, à côté de couvertures déjà contrecollées
Mains d'enfant découpant les rembords de sa couverture à l'aide d'un cutter et d'une règle en L
Mains d'enfant repliant un rembord sur le carton de sa couverture

Étape 4 : plier son accordéon

Ça a été de loin l’étape la plus difficile pour les enfants.

Enfants pliant leur longue bande de papier en accordéon

Étape 5 : Contrecoller son accordéon sur les cartons de couverture

Mains d'enfant appliquant de la colle sur une extrémité de l'accordéon

Étape 6 : Remplir son carnet

J’avais fait un carnet vierge pour donner un aperçu de l’objet mais sans le remplir. Je me rends compte qu’il m’en faudrait 2 : un vierge et un rempli. Ça tombe bien, j’ai fini de remplir le mien. J’ai demandé à chaque enfant de me dessiner un·e petit·e lutin·e pour les coller dedans.

Avec le recul, il aurait mieux valu faire notre cueillette dès le lundi, de façon à ce qu’on laisse les plantes à sécher et qu’il soit plus facile de les coller.

Dessins d'enfant reprenant une de mes illustrations avec un chat et un oiseau

Verdict ?

Carnet de voyage

La dimension « carnet de voyage » a malheureusement été laissée de côté. À la base je voulais qu’on puisse faire du dessin d’observation dehors mais il a évidemment plu cette matinée-là. Toute cette dimension n’a pas pu être explorée.

Remplissage libre de son carnet avec diverses techniques : encre, crayons de couleur, craies grasses, stylos, feutres, découpage-collage… Possibilité d’intégrer des éléments pop-up Si souhaité par les enfants, diffusion des enregistrements sonores pour se rappeler ce qu’on a vu et dit le matin Propositions (non obligatoire) : faire un fond à l’encre sur le verso du leporello, découper un petit personnage que l’on pourra faire se balader dans le carnet, apprendre à dessiner un oiseau…

Exploration physique, verbale et fantaisiste de la nature : attirer l’attention sur la forme étrange d’un arbre, sur un petit champignon, sur des vieilles pierres qui ont pu être des morceaux de maison… et déclencher l’imaginaire : est-ce que les arbres dansent la nuit et se figent dans une position quand le soleil se lève ? ce champignon sert-il de parapluie à des lutins ? qui aurait pu habiter dans cette maison, pourquoi a-t-elle été détruite ? … Enregistrement audio de discussions Croquis d’observation dans les carnets Ramassage et cueillette de plantes / autres éléments plats que l’on pourra coller dans les carnets ; bien les mettre à sécher en rentrant

J’avais fait un carnet vierge pour donner un aperçu de l’objet et j’avais prévu de le remplir en même temps que les enfants. Mais seul, même avec un petit groupe, c’est trop de sollicitations. Je me rends compte qu’il m’en faudrait 2 : un vierge et un rempli. Ça tombe bien, j’ai fini de remplir le mien. J’ai demandé à chaque enfant de me dessiner un·e petit·e lutin·e pour les coller dedans.

Avec le recul, il aurait mieux valu faire notre cueillette dès le lundi, de façon à ce qu’on laisse les plantes à sécher et qu’il soit plus facile de les coller.

Aperçu de l'espace de travail lors du contrecollage des couvertures : papier marbré, carton gris, colle, pinceau, outils de découpe...